La fillette secoue la tête pour toute réponse.
« C’est un coquelicot. Une fleur très fragile, dont les pétales tombent au moindre choc. Touche-en une, Jade. »
Jade approche sa main de la fleur et, avec toute la maladresse que lui confère son âge, caresse l’un des pétales. Immédiatement, celui-ci se détache, tombant sur ses genoux. Sa mère sourit faiblement, tirant davantage ses traits fatigués.
« La vie est un coquelicot, Jade. Si belle, si éclatante... Tant qu’on en oublierait presque qu’elle est tellement fragile, et qu’elle doit être protégée. »
La fillette hoche la tête, bien qu’elle ne comprenne pas ce que les paroles de sa mère impliquent. Comment pouvait-elle comprendre la mort, alors qu’elle-même n’avait que six ans ? Comment imaginer que la vie, qui lui semble si parfaite et si simple, peut s’achever en un instant ? Que son cœur peut battre la chamade avant, la seconde d’après, de s’arrêter ?
Elle se penche et attrape sa fille, la serrant contre elle à l’en étouffer. Puis, elle approche sa bouche de son oreille et murmure, presque indistinctement, tandis qu’une larme roule sur sa joue exsangue:
« Tout ira bien pour toi. Je te le promet »
La fillette lui a sourit, insouciante et heureuse.
Pourtant, l’instant d’après, la fillette est seule.
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